parfumage
التعريفات والمعاني
== Français ==
=== Étymologie ===
Dérivé de parfumer, avec le suffixe -age.
=== Nom commun ===
parfumage \paʁ.fy.maʒ\ masculin
(Désuet) Pratique qui consiste à lutter contre les miasmes avec des fumigations.
Du Commissaire ayant la charge du parfumage.Le Garde conduisant les Parfumeurs, luy doit apporter vn mesme roole que celuy des denonces, afin qu’il ordonne le parfumage des maisons, & aura vn liure, sur lequel il mettra d’vn costé de iour à autre séparément les maisons affligées, & de contre à chaque maison il mettra le nombre des chambres ou membres de maison qui auront esté parfumez, & lors qu’il reçoit de l’argent pour le parfumage qu’est cinq liures pour chacune chambre, il le doit noter au conte de celuy qui aura payé. — (Gaspard Chevalier, L’ordre public pour la ville de Lyon, pendant la maladie contagieuse, Lyon, Jean Jullieron imprimeur, 1644, page 15 → lire en ligne)
Ces parfums, obligatoires pour les lettres des lieux suspects, jouaient aussi, comme nous le verrons, un grand rôle dans le nettoyage des maisons infectées. Il est assez difficile de savoir d’une façon certaine quelles étaient les drogues employées pour ces fumigations. [...] En tout cas cette opération coûtait fort cher, car, à plusieurs reprises, des particuliers protestèrent contre les frais à payer pour le parfumage de leurs lettres. [...]Les meubles inspiraient aussi beaucoup de craintes, surtout les meubles « spongieux », suivant l’expression du registre. Ceux qui provenaient de maisons atteintes étaient soumis au parfumage, des lessives, à un long « essorement ». — (Léon Gautier, La dernière peste de Genève (1636-1640), dans Mémoires et documents publiés par la Société d’histoire et d’archéologie de Genève, Deuxième Série, Tome 3, 1888-1894, Genève, J. Jullien éditeur, pages 12-13 et 16 → lire en ligne)
M. Henri Monod a justement noté que les mesures prises contre la peste par les commissaires de santé de Lyon au commencement du XVIIe siècle sont à peu près celles que l’on commanderait aujourd’hui : dénonciation des maladies, transport du malade dans un lieu d’isolement, parfumage ou désinfection de la maison et des objets. — (Paul Strauss, L’entente sanitaire, dans la Revue Bleue, politique et littéraire, 42e année, No 22, 25 novembre 1905 → lire en ligne)
A Montpellier en 1629, enfin, Ranchin met les rats sur le même plan que les autres animaux qu’il cite avec eux : chiens, chats, etc., […] visiblement il ne leur attribue aucun rôle particulier dans l’épidémie de peste, pas même une mortalité plus élevée qu’en temps ordinaire, mis à part le parfumage des maisons, après lequel, dit-il, on trouve souvent des rats morts. — (Jean-Noël Biraben, Les hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens, tome 1, La peste dans l’histoire, Paris, École des hautes études en sciences sociales, 1975, page 334)
Enfin, les désinfecteurs passèrent au parfumage proprement dit.Une botte de foin humide d’environ trois livres fut mise dans la cheminée et imbibée de parfum. Celui-ci était, en fait, une pâte, dont la recette avait été soigneusement mise au point par le docteur Marcellin et ses collègues de la Faculté. Le mélange […], en se consumant au-dessus du foin qui crépitait, dégageait une fumée si épaisse, si puissante qu’il était impossible de rester dans la pièce sans suffoquer. — (Mireille Lesage, Les ailes du matin, tome 2, Les noces de Lyon, Pygmalion, 1989, page 206)
(Parfumerie) Procédé qui consiste à ajouter un parfum à un produit.
Non contents d’avoir obtenu tant de variétés de thé naturel, les Chinois ont cherché les moyens d’ajouter par le sens de l’odorat aux jouissances du goût que leur procure ce breuvage délicat. […][…] Nous remontons de Wam-poa jusqu’à Canton sur des barques chinoises, aussi variées de formes que de grandeur, qui viennent mouiller entre cette ville célèbre et l’île de Ho-nan, dont nous avons déjà parlé comme celle où s’opère l’ingénieux parfumage des thés (voyez p. 188). — (Charles Dupin, Exposition universelle de 1851 : Travaux de la Commission française sur l’industrie des nations, tome 1, troisième partie, Paris, Imprimerie impériale, 1860, pages 188 et 501 → lire en ligne)
Le parfum est ajouté généralement au moment de la « liquation », c’est-à-dire lorsque le savon, étant entièrement terminé, va être coulé dans les mises ; [...]En résumé, le parfumage des savons de ménage est une bonne opération commerciale : Il améliore la qualité du savon ; Il en facilite la vente ; Il ne comporte pas de difficulté technique ; Il n’est pas coûteux. — (René-Maurice Gattefossé, Les Savons de Ménage parfumés, dans La Parfumerie Moderne : Revue Scientifique et de Défense Professionnelle, Année 1922, No 1, page 6 → lire en ligne)
[…] A la lumière de ces données, l’on ne s’étonnera plus en apprenant que plus de 80 p. 100 des fragrances créées de nos jours sont destinées, non pas aux parfums subtils, aux eaux de Cologne ou de toilette, mais au parfumage promotionnel d’articles variés. — (Jacqueline Blanc-Mouchet (direction), avec la collaboration de Martyne Perrot, Odeurs : l’essence d’un sens, Autrement, 1987, page 185)
Le parfumage industriel doit tenir compte des habitudes culturelles. Ainsi, en Grande-Bretagne, on parfume plutôt les lessives au patchouli : c’est une senteur que les Anglais apprécient de longue date. [...] En France, c’est autre chose : depuis toujours la propreté est associée à l’odeur de lavande. — (Catherine Donzel, Le parfum, Éditions du Chêne, 2000, page 19)
Depuis, d’autres molécules sont apparues, plus performantes, plus intenses et sont utilisées dans le parfumage des savons comme des poudres à lessive, car en se fixant sur les fibres textiles elle donne un parfum des plus agréables. — (Jean-Claude Ellena, Atlas de botanique parfumée, Arthaud, 2020, pages 14-15)
Action de parfumer, de se parfumer.
Si certaines odeurs corporelles peuvent jouer un rôle attractif, le parfumage du corps a été utilisé depuis des millénaires comme instrument de séduction. L’usage des parfums a été diversement jugé selon les cultures et les époques. […] Le parfumage peut remplir plusieurs fonctions : exalter certains effluves corporels, masquer au contraire ceux qui sont considérés comme excessifs ou repoussants, […] — (Annick Le Guérer, Le déclin de l’olfactif, mythe ou réalité ?, dans Anthropologie et Sociétés, volume 14, numéro 2, 1990, page 30, lire le document pdf)
Le déshabillage de Cidalise se poursuit. Sans oublier les moments où Justine procède au parfumage du lit, des draps, des effets de Cidalise. — (Francis Huster, Suite royale, dans Théâtre, Éditions Ramsay, 1996, page 111)
[…] on ne se parfume pas par exemple n’importe quand, ni n’importe où, devant n’importe qui et surtout pas de n’importe quelle façon. L’acte de parfumage se décline selon une grammaire précise de gestes qui permettent une appropriation voire une incorporation du produit et de la marque. — (Benoît Heilbrunn, La consommation et ses sociologies, Armand Colin, 2005, page 41)
Rappelons que le parfum sert au rapprochement, à la compréhension de l’autre ; il n’est pas là pour susciter l’écoeurement ou la nausée. “Jusqu’aux années 60, le parfumage s’effectuait par touches et non par pulvérisation, il était plus facile de doser”, explique Françoise Donche, olfactologue chez Givenchy. — (Lionel Paillès, Petit guide de la politesse olfactive, sur Grazia.fr, le 13 mai 2016 (consulté le 23 novembre 2025) → lire en ligne)
Colette avait aussi une idée précise du parfumage du corps « car le chaud et véritable épiderme humain, trop riche en effluves, fait chanceler, dénature l’équilibre du parfum » (Paysages et Portraits) et prônait une distanciation du corps avec le parfum : « Le parfum imprègne mieux le vêtement, le linge et la fourrure qu’il ne sert l’épiderme. » — (Élisabeth de Feydeau, Dictionnaire amoureux du parfum, Plon, 2021, page 225)
==== Traductions ====
=== Prononciation ===
La prononciation \paʁ.fy.maʒ\ rime avec les mots qui finissent en \aʒ\.
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=== Références ===