estrambord

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === De l'occitan qui connaît estrambòrd (« enthousiasme », « transports » dans l'acception no 6). Le mot appartient au français méridional. === Nom commun === estrambord \es.tʁɑ̃.bɔʁ\ masculin Manifestation expansive du caractère Curnonsky et Toulet habitaient ensemble, le premier aussi grassouillet, ouvert, bon vivant, que le second est émacié, replié et garé des expansions ou estrambords. — (Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux, Grasset, 1914, réédition Le Livre de Poche, page 335) L'estrambord est souvent associé en Provence à la galéjade, dont il partage l'excès Les gens d’ici sont graves, secrets, très timides. Secrets surtout ; pour tout dire : fermés, capables de silences qui durent vingt ans. « L’estrambord » dont on fait tant de bruit dans un hymne, est une escroquerie littéraire. — (Jean Giono, « J’ai beau être né dans ce pays… », 1954, dans Provence) « Estrambord » et « galéjade », deux mots intraduisibles. Ils expriment la forme particulière de l'humour provençal. Il est plus démonstratif que l'anglo-saxon mais tout aussi cruel. Davantage peut-être car il met la jovialité au service de la « politesse du désespoir ». — (Yvan Audouard, Ma Provence : romans et contes, Plon, 1993, collection « Omnibus », page 53) [En Provence] on sait de naissance qu'il faudra mourir un jour, et cela, disons les choses simplement, nous empoisonne l'existence. Alors nous nous étourdissons de notre propre vacarme pour ne pas entendre les battements d'ailes du temps qui s'envole inexorablement. Nous pratiquons « l'estrambord » et la « galéjade » pour essayer d'oublier cette angoisse essentielle. — (Yvan Audouard, Ma Provence : romans et contes, Plon, 1993, collection « Omnibus », page 11) ==== Vocabulaire apparenté par le sens ==== galéjade : Finalement, la « galéjade » qui feint de ne rien prendre au sérieux est l'aveu d'une angoisse dissimulée derrière « l'estrambord » de nos gesticulations verbales. Le mystère de notre présence sur la terre s'en trouve renforcé. — (Yvan Audouard, Ma Provence : romans et contes, Plon, 1993, collection « Omnibus », page 54) ==== Traductions ====