bon Dieu de

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === De bon Dieu locution familière désignant Dieu. Attesté au XXe dans la littérature. Cité dans le Trésor de la langue française informatisé comme synonyme de foutu ; non mentionnée dans le Dictionnaire de l’Académie française 9e édition qui cite pourtant le juron bon Dieu de bon Dieu. === Locution adjectivale === bon Dieu de \bɔ̃ djø də\ invariable (Familier) (Péjoratif) Dans l’énoncé, renforce, en lui donnant une connotation négative, le substantif qu’il accompagne. C’est une amie d’enfance, bon Dieu, cette bon Dieu de Moselle. — (Jean-Paul Sartre, Les Temps modernes, 1945, page 1199) Pater, accroupi dans la mouscaille, y cherche l’espadrille qu’il vient de perdre ; découragé par ce nouveau coup, sa faconde imprécatoire dégénère en chapelet de génitifs : bondieud’bondieud’bondieud’bondieu, c’est l’invective cyclique des grandes détresses. — (Jacques Perret, Le Caporal épinglé, Gallimard, 1947, page 18) Mais non, on n’est seulement plus chez soi avec ces bon Dieu de soutanes de malheur. — (Marcel Aymé, Romans de la province, Gallimard, 1956, page 159) — Ah, merde ! dit le père. On peut pas avoir un instant de tranquillité dans cette bon dieu de journée, non ? — (Christiane Rochefort, Les Petits Enfants du siècle, Grasset, 1961, réédition Le Livre de Poche, page) — Bon Dieu de saloperie, marmonnait-il sans cesse. — (Bernard Clavel, Les Fruits de l’hiver, chapitre 72, Robert Laffont, 1968) Cette bon Dieu de trouille me fige le bic. — (Louis-Ferdinand Céline, cité par Willy Szafran, Louis-Ferdinand Céline : essai psychanalytique, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1976, page 145) « Oh ! Ferme ta gueule ! Je me fous de ton passé, et de qui tu es le fils, je veux pas connaître ta vie, le Cafre, je veux juste savoir ton bon Dieu de nom… Apprends à répondre aux questions, et seulement aux questions. » — (Philippe Morvan, L’envol du papangue, Orphie, 2024) ==== Notes ==== L’accord en genre et en nombre de l’article se fait avec le substantif : « ces bon Dieu de soutanes », « cette bon Dieu de Moselle ». Henri Bauche (Le Langage populaire) considère la locution comme « expression adjective qualificative ». Le Bon Usage de Maurice Grevisse indique qu’il s’agit d’une apposition antéposée et donne des cas particuliers d’accord avec le mot déterminé dans les cas similaires « espèce de » ou « putain de ». ==== Synonymes ==== putain de (Populaire) garce de (Populaire) salope de (Vulgaire) saloperie de (Vulgaire) fille de pute de (Vulgaire) === Prononciation === France (Yvelines) : écouter « bon Dieu de [Prononciation ?] » France (Vosges) : écouter « bon Dieu de [Prononciation ?] » Somain (France) : écouter « bon Dieu de [Prononciation ?] » === Anagrammes === → Modifier la liste d’anagrammes === Références === Henri Bauche, Le langage populaire : grammaire, syntaxe et dictionnaire du français tel qu'on le parle dans le peuple avec tous les termes d'argot usuel, Payot, 1951. « bon Dieu de », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition, 1992–2024 → consulter cet ouvrage Maurice Grevisse, Le Bon Usage