topos
التعريفات والمعاني
== Français ==
=== Étymologie ===
Du grec τόπος (« lieu, endroit »)
=== Nom commun ===
topos \tɔ.pos\ masculin
(Rhétorique, Philosophie antique) Chez Aristote et dans la rhétorique antique, lieu argumentatif, thème ou schème de raisonnement servant à construire une argumentation.
La réflexion s’en trouve réorientée vers l’importante problématique des topoï (schèmes, types d’arguments). — (Christian Plantin, « Enthymèmes, topoï et typologies », dans L’argumentation. Histoire, théories et perspectives, 2016 → lire en ligne)
Le troisième est le topos – le lieu, qu’il soit propre ou commun. — (Emmanuelle Danblon, « La rhétorique : art de la preuve ou art de la persuasion ? », Revue de métaphysique et de morale, 2010 → lire en ligne)
Le topos désigne le substrat argumentatif (sedes argumenti) dont dispose l’orateur. — (Thierry Barbaud, compte rendu de Corinne Rambourg, Topos. Les premières méthodes d’argumentation dans la rhétorique grecque des Ve-IVe siècles, Revue des Études Anciennes, 2015 → lire en ligne)
Rhétorique et dialectique combinent leurs forces pour faire du topos un moyen essentiel de l’invention rhétorique. — (Thierry Barbaud, compte rendu de Corinne Rambourg, Topos. Les premières méthodes d’argumentation dans la rhétorique grecque des Ve-IVe siècles, Revue des Études Anciennes, 2015 → lire en ligne)
Chez Aristote, le lieu commun, ou koinos topos, est un segment argumentatif partagé par toutes et tous. — (Présentation du colloque « Lieux communs : où est le commun ? », Fabula, 2022 → lire en ligne)
L’histoire occidentale de la topique mêle intimement les sens rhétorique et littéraire du topos : schème argumentatif et/ou thème narratif. — (Gilles Declercq, « Politique du paradigme : argumentation et fiction dans la Rhétorique d’Aristote », Études françaises, 2000 → lire en ligne)
(Littérature, Arts narratifs) Motif, thème ou situation récurrente dans des œuvres littéraires ou narratives.
Cette étude est une analyse des portes de l’Aurore dans la littérature du Siècle d’Or espagnol, motif considéré comme un topos littéraire, c’est-à-dire comme un élément, descriptif et récurrent, de la figure mythologique. — (Stefano Contamina, « Autour des portes de l’Aurore », Bulletin hispanique, 2022 → lire en ligne)
La prolifération des scènes de banquet dans les romans byzantins du XIIe siècle confirme le caractère topique de ce motif. — (Corinne Jouanno, « Sur un topos romanesque oublié : les scènes de banquets », Revue des Études Grecques, 1996 → lire en ligne)
Le don contraignant constitue, dans les Amadis, un topos fortement récurrent : dix-sept occurrences dans le seul premier livre. — (« Les topoï dans le roman de chevalerie de la Renaissance », dans Homo narrativus, Presses universitaires de la Méditerranée → lire en ligne)
Le topos du mundus inversus en fait sans doute partie. — (Natalia Wawrzyniak, « Un bon vieux monde à l’envers », Acta fabula, 2019 → lire en ligne)
Le livre […] se présente comme une étude interdisciplinaire sur l’usage du topos du monde à l’envers en France entre la fin du XVe siècle et la fin du XVIe siècle à partir d’un riche corpus littéraire et visuel. — (Natalia Wawrzyniak, « Un bon vieux monde à l’envers », Acta fabula, 2019 → lire en ligne)
Si ce thème peut être un topos de la littérature policière, un « cliché fictionnel » du roman noir, il est réinvesti en dehors de ce genre romanesque. — (Marie Gil, « Tout quitter : de la disparition dans le roman français contemporain », Acta fabula, 2016 → lire en ligne)
Il faut remarquer que l’évocation d’un premier contact visuel entre les personnages est un véritable topos d’attaque in medias res, qui annonce une narration dynamique. — (Andrea Del Lungo, L’Incipit romanesque, 2025 → lire en ligne)
(Par extension) Lieu commun, cliché ou motif devenu banal à force d’être répété.
Il en va presque toujours ainsi des « chevaliers verts » dans les romans arthuriens de cette époque. Un topos chromatique est de ce point de vue exemplaire : l’irruption dans le cours du récit d’un personnage inconnu portant des armes et un équipement d’une seule couleur ; il se dresse sur le chemin du héros et le défie. — (Michel Pastoureau, Vert. Histoire d’une couleur, Éditions du Seuil, 2013, page 80)
Genette revient au « topos rebattu de la couleur des voyelles qui devient au XIXe siècle le motif dominant de l’imagination linguistique ». — (Yannicke Chupin, « La tiare de la vie (pour Rimbaud, contre Maupassant) », dans Vladimir Nabokov, lecteur de l’autre, Presses universitaires de Bordeaux → lire en ligne)
La rencontre des protagonistes est une merveille de légèreté et de finesse : Gance trouve un ton, badin et spirituel, qui renouvelle ce topos rebattu. — (Thomas Fouet, « Paradis perdu - Abel Gance - critique », avoir-alire.com, 9 juillet 2024 → lire en ligne)
Le topos convenu du theatrum mundi sera au contraire pour l’homo barrochus […] un formidable vecteur de mise en cause et de mise en scène des choses et des êtres. — (Isabelle Moreau, « Theatrum mundi : désenchantement et appropriation », Poétique, 2009 → lire en ligne)
Les traits d’immoralité du défunt percent trop sous le topos convenu. — (Didier Masseau, « Introduction. Arrangements avec le Régent », dans Le Régent, CNRS Éditions, 2017 → lire en ligne)
Malgré le topos paresseux selon lequel le choc des souffrances extrêmes serait intransmissible ou inaudible. — (« Publication / L’immontrable. Guerres et violences extrêmes dans l’art et la littérature », HAR, Université Paris Nanterre, 2021 → lire en ligne)
Enfin le topos facile à mobiliser, et qui fait toujours son effet chez le lecteur, avide d’extraordinaire, est celui du vengeur angélique ou démoniaque. — (Marie-Ève Thérenty, « Stylistique du vengeur dans Les Mystères de Paris et quelques-uns de ses avatars, 1842-1847 », Médias 19, 2021 → lire en ligne)
Si on part par exemple du topos banal « Il vaut mieux être fort, décidé, stable et ferme, que faible, indécis, instable et relâché », on voit tout de suite que cette orientation argumentative est celle même qui produit les rhinocéros. — (Louis Hébert, « Devenir rhinocéros ou devenir humain, telle est la question ! », Signata, 2022 → lire en ligne)
La condamnation d’Angier n’a donc rien du topos banal : elle témoigne d’une conscience claire de la typologie des genres dans le paysage littéraire vernaculaire du Moyen Âge central. — (Gabriel Tremblay-Gaudette, « Anges, massacres et hommes-poissons : variations médiévales sur la mission augustinienne », Arborescences, 2025 → lire en ligne)
(Théorie des catégories, Mathématiques) Catégorie possédant certaines propriétés formelles généralisant celles de la catégorie des ensembles ou des faisceaux sur un espace topologique. Terme introduit par Alexander Grothendieck.
Les catégories Psh(X) et Sh(X) sont deux exemples de topos. — (Théorie des topos, séminaire ENS Rennes, 2023 → lire en ligne)
D’un point de vue formel, un topos est défini comme une catégorie Sh(C,J) de faisceaux sur un site (C,J). — (Olivia Caramello, « The Theory of Topos-Theoretic Bridges — A Conceptual Introduction », Glass Bead → lire en ligne)
Ainsi, le topos étale est équivalent à un topos défini en termes d’un site C ∈ 𝒰. — (Alexandre Grothendieck, « Site et topos étales d’un schéma », SGA 4, exposé VII → lire en ligne)
C est une « famille de générateurs topologiques » du site Xét donc une famille de générateurs du topos X̃ét. — (Alexandre Grothendieck, « Site et topos étales d’un schéma », SGA 4, exposé VII → lire en ligne)
Prenons un topos qui est un tout petit peu plus compliqué que celui des ensembles. — (Alain Connes, « Un topo sur les topos », 2019 → lire en ligne)
On expliquera en particulier comment promouvoir la théorie des topos de Grothendieck dans ce cadre. — (Denis-Charles Cisinski, « Catégories supérieures et théorie des topos », Exposé Bourbaki, 2016 → lire en ligne)
=== Forme de nom commun ===
topos \to.po\ masculin
Pluriel de topo.
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=== Prononciation ===
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==== Paronymes ====
topo
=== Anagrammes ===
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=== Voir aussi ===
topos (littérature) sur l’encyclopédie Wikipédia
topos (mathématiques) sur l’encyclopédie Wikipédia