principe d’immanence

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === (1968) Du substantif principe, du latin principium (« commencement, début, origine »), lui-même issu du latin princeps (« premier, chef, littéralement "celui qui prend en premier" »), lui-même composé de primus et de capere ; et du substantif immanence, issu du latin immanens (« rester dans, qui demeure en, inhérent »). === Attestations historiques === Le concept en linguistique et en sémiotique structurale est attesté dans les Prolégomènes à une théorie du langage (Omkring sprogteoriens grundlæggelse, original danois (1943)) du linguiste danois Louis Hjelmslev. Proposé et étudié en français par le linguiste danois, spécialiste de grammaire française, Knud Togeby dans Structure immanente de la langue française (1951) et Roland Barthes dans ses Éléments de sémiologie (1964), le concept trouve son appellation canonique dans la première traduction en français des Prolégomènes à une théorie du langage (Éditions de Minuit, (1968)). === Locution nominale === principe d'immanence \pʁɛ̃.sip d‿i.ma.nɑ̃s\ masculin (Linguistique, Sémiotique) Règle méthodologique fondamentale de la linguistique structurale et de la sémiotique, héritée de Ferdinand de Saussure et formalisée par Louis Hjelmslev, selon laquelle un système de signes doit être décrit en lui-même et pour lui-même, sans recours à des données extérieures (psychologiques, sociologiques, référentielles), l’objet d’analyse étant appréhendé comme une structure autonome dont les éléments ne sont définis que par leurs relations internes mutuelles. Le principe d’immanence est lié aux fondements mêmes de la linguistique et de la sémiotique en tant qu’elles se veulent « sciences humaines », dans la mesure où avec le mouvement structuraliste, et en cela consiste sa « grandeur », « les objets privilégiés de la démonstration sont justement les objets qui jusque-là constituaient la différence de l’homme à la nature : le langage, la parenté, le mariage, les mythes, les contes, la cuisine, le costume, la parure, etc. ». — (Ahmed Kharbouch, Le principe d’immanence et la transitivité du langage, Actes Sémiotiques, n° 118, 2015. → lire en ligne) La sémiotique greimassienne a longtemps interprété le principe d’immanence formulé par Hjelmslev comme une limitation de l’analyse au seul texte. Ce principe prolongeait la décision saussurienne, fondatrice de la linguistique moderne, de limiter l’analyse au système de la langue. Mais cette limite, le texte, tout le texte mais rien d’autre que le texte, avait un objectif stratégique, qui consistait à définir l’objet d’une discipline, la sémiotique structurale ; c’était le temps où il fallait résister aux sirènes du contexte et aux tentations de pratiques herméneutiques, notamment dans le domaine littéraire, qui recherchaient des « explications » dans un ensemble de données extra-textuelles et extra-linguistiques. — (Jacques Fontanille, Immanence et pertinence des pratiques, Pratiques sémiotiques, Presses Universitaires de France, Paris, 2008. → lire en ligne) ==== Synonymes ==== analyse immanente (désigne plutôt la pratique analytique qui en découle) ==== Variantes orthographiques ==== principe de l’immanence (moins fréquent) ==== Vocabulaire apparenté par le sens ==== fonction sémiotique forme du contenu glossématique immanence parcours génératif plan d’immanence plan de l’expression plan de contenu plan de transcendance sémiologie sémiotique sémiosis signe signifié signifiant structuralisme substance de l’expression substance du contenu transcendance ==== Prononciation ==== \pʁɛ̃.sip d‿i.ma.nɑ̃s\ ==== Traductions ==== === Références === Louis Hjelmslev, La forme du contenu du langage comme facteur social (1953), in Essais linguistiques, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Arguments », n° 47, 296 p., 1971. ISBN 2-707-30289-9 Louis Hjelmslev, Prolégomènes à une théorie du langage, traduction française d’Anne-Marie Léonard, Éditions de Minuit, Paris, 231 p., 1971 [1943]. ISBN 2-7073-0117-5 Algirdas Julien Greimas et Joseph Courtés, Sémiotique. Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, Hachette, coll. « Langue, linguistique, communication », Paris, 1979. Jacques Fontanille, Sémiotique du discours, Presses universitaires de Limoges (PULIM), Limoges, 315 p., 1999 , EAN : 9782842871197 Lire en ligne Roland Barthes, Éléments de sémiologie, Communications, n° 4, Seuil, Paris, 1964. Lire sur Persée