plan de transcendance

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === (1980) en philosophie ; (2015) en sémiotique. Locution nominale composée de plan, du latin planus (« unis, plat, égal ») et de transcendance, du latin transcendentia (« dépassement, franchissement »). Elle est formée par analogie structurale avec plan d’immanence. === Attestations historiques === 1980 — Première attestation en littérature philosophique française, chez Gilles Deleuze et Félix Guattari, qui introduisent la locution comme concept critique et négatif, par opposition au plan d’immanence dans Mille Plateaux (1980) 2012 — Première attestation en littérature sémiotique, chez Alessandro Zinna, qui reprend, à la suite de Deleuze et Guattari, le trio plan d'immanence / plan de transcendance / plan de référence comme opérateurs techniques pour l’analyse sémiotique des discours, des objets et des pratiques culturelles dans Les formations sémiotiques, Versus - Quaderni di studi semiotici, n° 114, Milan, Bompiani, 2012. 2015 — Deuxième attestation en sémiotique française, chez Denis Bertrand, qui applique la locution à l’analyse d’un fait culturel précis, dans Cultures et valeurs : questions sémiotiques de comparabilité, Médiations Sémiotiques, Université Paris 8, 2015. === Locution nominale === plan de transcendance \plɑ̃ d(ə) tʁɑ̃s.sɑ̃.dɑ̃s\ masculin (Philosophie) Chez Gilles Deleuze et Félix Guattari, figure repoussoir désignant un mode d’organisation fictif de la pensée dans lequel des formes, des sujets ou des structures préexisteraient aux concepts et leur serviraient de fondement extérieur ou transcendant ; s’oppose au plan d’immanence, seul régime légitime de la pensée philosophique selon ces auteurs, dans lequel les concepts se créent sans recours à aucune instance surplombante. Si le mouvement est imperceptible par nature, c’est toujours par rapport à un seuil quelconque de perception, auquel il appartient d’être relatif, de jouer ainsi le rôle d’une médiation, sur un plan qui opère la distribution des seuils et du perçu, qui donne des formes à percevoir à des sujets percevants : or c’est ce plan d’organisation et de développement, plan de transcendance qui donne à percevoir sans être lui-même perçu, sans pouvoir être perçu. — (Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille Plateaux, Plateau 10 : devenir-intense, devenir-animal, devenir-imperceptible, Éditions de Minuit, Paris, 1980. → lire en ligne) (Linguistique, Sémiotique) Dans la théorie sémiotique issue de Greimas et Courtés, horizon de pertinence dans lequel les valeurs, les normes ou les instances de sens sont posées comme extérieures, antérieures ou supérieures au sujet et au discours ; dans la structure actantielle narrative, le Destinateur, instance mandante qui surplombe le sujet et lui confère ses valeurs modales, est typiquement situé sur le plan de transcendance, par opposition au sujet lui-même, relevant du plan d’immanence ; le concept a été élargi, dans le sillage de Deleuze, par Alessandro Zinna et Denis Bertrand à l’analyse des discours et des pratiques culturelles, où il désigne tout horizon de pertinence ancré dans une référence externe et normative (religieuse, idéologique, institutionnelle). Alessandro Zinna, dans son étude présentée ici même l’an passé sur les « formations sémiotiques », met en évidence l’importance décisive de ce concept de plan, en reprenant, à la suite de Deleuze, les spécificités des plans d’immanence, de transcendance et de référence pour l’étude des discours, des objets et des pratiques culturelles. — (Denis Bertrand, Cultures et valeurs : questions sémiotiques de comparabilité, Médiations Sémiotiques, Université Paris 8, 2015. → lire en ligne) La finalité de la technique est l’instauration de la durée dans d’autres modes d’existence, à travers des pratiques de production des phénomènes, en instaurant la durabilité sociale. Le plan sélectionné par la technique est plus problématique : il n’est pas plus un plan de référence, comme le plan de la science ; avec Latour, nous pouvons suspecter qu’il s’agit d’un plan de transcendance, parce qu’il instancie, subrepticement, une durabilité fondée sur la substance, laquelle serait le fondement d’une identité positive qui se conserve dans une série de transformations. — (Francesco Galofaro, Phénoméno-technique ou sémio-technique, Médiations Sémiotiques. → lire en ligne) === Vocabulaire apparenté par le sens === actant carré sémiotique destinateur fonction sémiotique forme du contenu glossématique immanence isotopie linguistique structurale parcours génératif plan de l’expression plan de composition plan de contenu plan d’immanence plan de référence schéma narratif sémantique structurale sème sémiologie sémiotique sémiosis signe signifié signifiant structuralisme substance de l’expression substance du contenu transcendance === Prononciation === \plɑ̃ d(ə) tʁɑ̃s.sɑ̃.dɑ̃s\ === Traductions === === Références === Louis Hjelmslev, La forme du contenu du langage comme facteur social (1953), in Essais linguistiques, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Arguments », n° 47, 296 p., 1971. ISBN 2-707-30289-9 Louis Hjelmslev, Prolégomènes à une théorie du langage, traduction française d’Anne-Marie Léonard, Éditions de Minuit, Paris, 231 p., 1971 [1943]. ISBN 2-7073-0117-5 Algirdas Julien Greimas et Joseph Courtés, Sémiotique. Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, Hachette, coll. « Langue, linguistique, communication », Paris, 1979. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Paris, Les Éditions de Minuit, 1991 ; réimpr. coll. « Reprise », 2005. ISBN 978-2-7073-4536-3. Jacques Fontanille, Immanence et créativité. Du Cours de Saussure au Dictionnaire de Greimas', érudit, vol. 34, n° 1-2-3, 2014. Consulter en ligne Denis Bertrand, Cultures et valeurs : questions sémiotiques de comparabilité, Médiations Sémiotiques, Université Paris 8, 2015. Consulter en ligne