plan d’immanence

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === (1991) en philosophie ; (2008) en sémiotique. Locution nominale composée de plan, du latin planus (« unis, plat, égal »), et d’immanence, issu du latin immanens (« rester dans, qui demeure en, inhérent »). === Attestations historiques === En philosophie, le syntagme « plan d’immanence » apparaît chez Gilles Deleuze et Félix Guattari – notamment dans Qu’est-ce que la philosophie ? (1991). En sémiotique structurale, le concept de principe d’immanence s’est imposé dans le sillage du linguiste danois Louis Hjelmslev et ses Omkring sprogteoriens grundlæggelse (1943) – traduits en français sous le titre Prolégomènes à une théorie du langage (Les Éditions de Minuit, (1968)) –, et connaît une extension théorique majeure, sous la dénomination plan d’immanence, chez Jacques Fontanille, qui adapte et pluralise dans le cadre de la sémiotique greimassienne le concept philosophique de Deleuze et Guattari pour en faire un concept organisateur de la théorie des niveaux de pertinence sémiotiques dans son ouvrage Pratiques sémiotiques (Presses Universitaires de France, (2008)). === Locution nominale === plan d’immanence \plɑ̃ d‿i.ma.nɑ̃s\ masculin (Linguistique, Sémiotique) Dans la tradition sémiotique issue de Louis Hjelmslev et développée par l’École de Paris (Greimas, Fontanille), domaine de description interne d’un objet sémiotique, circonscrit méthodologiquement par le principe d’immanence de façon à exclure tout recours aux données transcendantes (référence, contexte extra-linguistique, substance physique) ; chez Fontanille, chacun des niveaux hiérarchisés de pertinence (signes, textes-énoncés, objets, scènes pratiques, stratégies, formes de vie) constitue un plan d’immanence distinct, doté de ses propres contraintes d’analyse. L’ouvrage est structuré en trois parties : la définition des pratiques et leur situation comme un des plans d’immanence de l’analyse sémiotique, l’exploration des diverses pratiques pour en dégager leur organisation spécifique, les dimensions propres au plan d’immanence des pratiques. — (Jacques Fontanille, Pratiques sémiotiques, , quatrième de couverture, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Formes sémiotiques », 2008. EAN : 9782130569848 → lire en ligne) Sémiotiquement, la mémoire ne peut être conçue comme une faculté de l’esprit, mais comme le dispositif qui détermine les conditions de formation d’un sémiotique-objet, doté de son propre plan d’immanence et structuré sur la solidarité entre un plan de l’expression et un plan du contenu. — (collectif, En guise d'ouverture - Pour une sémiotique en dialogue, in La Sémiotique et son autre, Université du Luxembourg, p. 220, 2019. → lire en ligne) La mise en œuvre de cette option scientifique n’est pas sans conséquence. Ayant pour principal enjeu l’instauration d’un plan d’immanence, se caractérisant, nous l’avons vu, par la recherche d’éléments intrinsèques qui puissent définir le phénomène en question comme objet adéquat et, en même temps, s’effectuant en termes d’un ensemble de conditions transcendantales de possibilité, elle produit de façon aussi nette qu’incontournable un hiatus, un détachement radical entre le plan de la manifestation empirique et l’ensemble des concepts qui peuvent rendre compte de son organisation pertinente. — (Francesco Marsciani, À propos de quelques questions inactuelles en théorie de la signification, Université de Bologne, Actes sémiotiques, n°117,2014. → lire en ligne) (Philosophie) Dans la philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari, horizon pré-philosophique et non-conceptuel qui constitue le sol ou le fond de toute pensée et sur lequel les concepts sont créés et instaurés ; non pas un concept lui-même, mais l’image que la pensée se donne d’elle-même, sorte de plan d’immanence absolue où toute transcendance est refusée, et qui s’oppose au plan de référence (de la science) et au plan de composition (de l’art). Par extension, chez le seul Deleuze, dimension d’une vie pure et impersonnelle, immanente à elle-même et antérieure à toute subjectivité. Le plan d’immanence n’est pas un concept pensé, ni pensable, mais l’image de la pensée, l’image qu’elle se donne de ce que signifie penser, faire usage de la pensée, s’orienter dans la pensée. Les concepts sont comme les vagues multiples qui montent et qui s’abaissent, mais le plan d’immanence est la vague unique qui les enroule et les déroule. — (Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Paris, Les Éditions de Minuit, 1991, [réimpr. coll. « Reprise », 2005. ISBN 978-2-7073-4536-3] → lire en ligne) Deleuze établit une description du plan d’immanence sous un aspect singulièrement différend de celui exposé dans Qu’est-ce que la philosophie ?. Donnant une explication de l’immanence identifiée au concept de vie dans son indétermination, c’est-à-dire une vie, il s’attache à montrer le rôle de l’article indéfini comme indice du transcendantal et la détermination (ou plutôt l’indétermination) de l’immanence comme pur courant de Vie. — (Commentaire dans Mystudies.com du texte de Gilles Deleuze, L'Immanence : une vie…, paru dans la revue Philosophie, n° 47, Les Éditions de Minuit, Paris, 1995. → lire en ligne) ==== Synonymes ==== niveau de pertinence (dans l’acception de Fontanile) ==== Vocabulaire apparenté par le sens ==== actant carré sémiotique fonction sémiotique forme du contenu glossématique immanence isotopie linguistique structurale parcours génératif plan de l’expression plan de contenu plan de transcendance sémantique structurale sème sémiologie sémiotique sémiosis signe signifié signifiant structuralisme substance de l’expression substance du contenu transcendance === Prononciation === \plɑ̃ d‿i.ma.nɑ̃s\ === Traductions === === Références === Jacques Fontanille, Pratiques sémiotiques, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Formes sémiotiques », 2008. ISBN 978-2-13-056984-8. Jacques Fontanille, Sémiotique du discours, Presses universitaires de Limoges (PULIM), Limoges, 315 p., 1999 , EAN : 9782842871197 Consulter en ligne Louis Hjelmslev, La forme du contenu du langage comme facteur social (1953), in Essais linguistiques, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Arguments », n° 47, 296 p., 1971. ISBN 2-707-30289-9 Louis Hjelmslev, Prolégomènes à une théorie du langage, traduction française d’Anne-Marie Léonard, Éditions de Minuit, Paris, 231 p., 1971 [1943]. ISBN 2-7073-0117-5 Algirdas Julien Greimas et Joseph Courtés, Sémiotique. Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, Hachette, coll. « Langue, linguistique, communication », Paris, 1979. Ahmed Kharbouch, Le principe d'immanence et la transitivité du langage, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Oujda, Maroc, Actes Sémiotiques, n° 118, 2015. Consulter en ligne Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Paris, Les Éditions de Minuit, 1991 ; réimpr. coll. « Reprise », 2005. ISBN 978-2-7073-4536-3. Gilles Deleuze, L’Immanence : une vie…, Philosophie, n° 47, Paris, Les Éditions de Minuit, 1er septembre 1995 ; repris in Deux régimes de fous. Textes et entretiens 1975–1995, éd. par David Lapoujade, Les Éditions de Minuit, Paris, 2003. ISBN 978-2-7073-1845-9. Axel Cherniavsky, Concept et méthode : la conception de la philosophie de Gilles Deleuze, Éditions de la Sorbonne, Paris, 2012.Consulter en ligne