pencher

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === (1530) Du latin pendere (« pendre ») devenu *pendicare en latin populaire → voir pente dérivé du même verbe. (1256) pengier, « être hors de son aplomb ». === Verbe === pencher \pɑ̃.ʃe\ transitif, intransitif, ou pronominal 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se pencher) Incliner ; baisser quelque chose de quelque côté ; mettre quelque chose hors d’aplomb. Le lis n'avançait pas. Il posait là pour rien à l’insu de Julie, en attendant qu'il penchât sa tête altière pour ne plus la relever. — (George Sand, Antonia, chap. 3, Paris : chez Michel Lévy frères, œuvres complètes - 3e édition, 1871, p. 112) Avec ce nouvel article, l'ouverture de la bouteille sur laquelle il est adapté s'obtient automatiquement lorsqu'on penche la bouteille pour en déverser son contenu, et la fermeture se produit de même automatiquement lorsqu'on la relève. — (« Brevet n° 206911, en date du 10 juillet 1890, à Mme veuve et M. Giovanna, pour un bouchon verseur automatique », dans Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d'invention ont été pris..., tome 75, 1890, Articles de ménage, Paris : Imprimerie nationale, 1893, p. 23) Après vous être penché en arrière, penchez-vous en avant, et tâchez d'atteindre la pointe de vos pieds avec le bout de vos doigts — sans laisser les genoux plier si peu que ce soit. Vous y arriverez vite avec un peu d'entraînement. — (Comment se guérir de la nervosité sans drogues : cours d'instructions concises en huit leçons, Nice : Éditions Rossignol, 1921, p. 9) Abrité par des roseaux, le chasseur guette les canards du fond de sa barque, que dépassent seulement la visière d’une casquette, le canon du fusil et la tête du chien flairant le vent, happant les moustiques, ou bien de ses grosses pattes étendues penchant tout le bateau d’un côté et le remplissant d'eau. — (Alphonse Daudet, En Camargue, in Lettres de mon moulin, Gallimard Folio 1999, page 301) Il fit oui-oui, de la tête, revint au lit, se pencha : le cadavre refroidissait. — (Michel del Castillo, Le Vent de la nuit, éditions René Julliard, 1972, quatrième livre, dix-neuvième chapitre) (Intransitif) Être hors de son aplomb, hors de la ligne perpendiculaire ; n'être pas de niveau ; aller en descendant. Les arbres qui ont été transplantés avec soin ne demandent guère d'autres appuis que leurs propres racines ; cependant il sera toujours prudent de leur mettre des tuteurs ; car on voit, dans des endroits où cette précaution est négligée, que les arbres penchent d'un côté ou de l'autre; […]. — (J. J. Roche, Leçons théoriques et pratiques d'agriculture, Chambéry : chez Routin, Bottero & Alessio, 1825, p. 222) Le toit de notre baraque s’affaissait, le mur penchait, mais nous n’y prenions pas garde : nous ne voyions que la défaite des ennemis, […]. — (Erckmann-Chatrian Histoire d’un conscrit de 1813, chap. 13, Paris : chez J. Hetzel, 1864, p. 190) Un ange vint aussitôt et mit dans les plateaux d'une balance, d'un côté les bonnes actions de Morgoul, — ce qui ne faisait pas un gros paquet, — et de l’autre côté les trois pommes dérobées. La balance pencha du côté des pommes : Sidi ne pouvait pas être admis au paradis. — (Le péché de Sidi-Ben-Hadji, dans Les Belles Images, 2e année, n° 51 du 6 avril 1905, p. 12) Il faut premièrement faire un sol qui aille en penchant vers le fourneau, en sorte que si l'on y jette une balle, elle n'y puisse demeurer, mais qu'elle retourne vers l'entrée du four […]. — (Vitruve, De Architectura, cité dans « Saint-Jean-Saverne : Établissement gallo-romain du Nicklausfeld-Kleinerlenfeld », par Jean-Joseph Ring, dans Pays d'Alsace, Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, n° 200 - III- 2002, p. 5) (Intransitif) (Sens figuré) Être porté à quelque chose ; être enclin à. Il fut charmé de mon mouvement, et me prit la main, qu'il baisa d'une manière fort tendre; façon de faire qui, au milieu de mon transport, me parut encore singulière, mais toujours de cette singularité qui m'étonnait sans rien m'apprendre, et que je penchais à regarder comme des expressions un peu extraordinaires de son bon cœur. — (Marivaux, La vie de Marianne.) Varlin avait dit, le 29 avril 70, salle de la Marseillaise : « […]. Nous savons à quoi nous en tenir sur la Providence qui a toujours penché du côté des millions. Le bon Dieu a fait son temps, en voilà assez ; […] ». — (Louise Michel, La Commune, Paris : P.-V. Stock, 1898, p.21) Hier, en France, il fallait être humanitaire, kantien, philosémite. Actuellement, la mode, chez nous, penche vers un christianisme édulcoré. — (Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, p.43) Fait curieux, la belle-mère ne renchérit pas. Dans la querelle familiale, elle pencherait au contraire pour la gendresse. — (Michel Jeury, Les beaux jours du Docteur Nicolas, Robert Laffont, 2010, chap.7) Le commissaire me prenait pour une bille ou bien il avait des trous de mémoire, je penchais plutôt pour la première solution, alors je répétai sans m'énerver, que ça soit naturel : – Non, il était en costard, je crois vous l'avoir déjà dit, non ? — (Pascal Dessaint, Les Hommes sont courageux, Éditions Rivages, 2013) (Sens figuré) Se diriger ; aller, en parlant de déclin, etc. Maintenant que dans nos deux pays la monarchie penche vers sa fin, Milton et moi n'avons plus rien de politique à démêler ensemble : […]. — (François-René de Chateaubriand, Essai sur la littérature anglaise et considérations sur le génie des hommes, des temps et des révolutions, tome 2, 5e partie, Paris : chez Charles Gosselin & Furne, 1836, p. 400) Né à Lille au commencement de ce siècle qui penche vers son déclin, issu d'une famille aussi honorable que chrétienne, élevé dans une atmosphère d'honneur, de simplicité et de foi, M. Henri Cuvelier préluda par la piété filiale aux vertus aimables qui embellirent sa vie. — (Notice sur M. Henri-Albert-Joseph Cuvelier, Lille : chez J. Lefort, 15 juillet 1868, p. 2) (Sports hippiques) Ne pas courir droit, avoir une trajectoire inclinée vers un côté, généralement sous le coup de la fatigue, en parlant d'un cheval dans une course hippique. La course d'Espion dans le Prix de la Seine me paraît tout à fait fausse. J'ai pensé qu'Hudson allait être désarçonné en prenant le premier tournant, tant son cheval penchait à gauche. — (Robert Milton, « Sport », dans Le Figaro, 38e année, 3e série, n° 102 du 11 avril 1892, p. 3) (Pronominal) S’incliner vers le bas ou de côté, se baisser. Julien se pencha dans la salle en s’appuyant assez impoliment sur le devant de la loge. — (Stendhal, Rouge et Noir, 1830, page 423) Il faut admettre avec Graser que dans le mouvement de la vogue les rameurs de la trière se penchaient uniquement en arrière et revenaient ensuite à la position verticale; […]. — (Auguste Cartault, La Trière athénienne, chap. 5 : Les rames, §. 3, Bibliothèque des écoles françaises d'Athènes et de Rome, n° 20, Paris : chez Ernest Thorin, 1881, p. 144) Vous étiez seul avec lui, alors vous prîtes un pistolet dans vos fontes, et, tandis qu’il se penchait, vous lui brisâtes les reins. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre III) Presque aussitôt, en un décolletage inélégant, Bert se penchait au-dessus de la table, sur laquelle il étalait une liasse de plans. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 397 de l’édition de 1921) (Pronominal) (En parlant de choses) Être mis, se mettre dans une position oblique, inclinée, vers le bas. Si malgré ces précautions il se trouvoit des arbres qui se penchassent d'un côté ou d'un autre, il faudroit les redresser et forcer leur tige en sens contraire de leur courbure, au moyen d'un billard. — (Henri-Alexandre Tessier, « Arbre (Agriculture) », dans le Dictionnaire des sciences naturelles, tome 2 (AMA-ARGE), Strasbourg : chez F.G. Levrault & Paris : chez Le Normant, 1816, p. 412) Les garde-fous plantés d’herbes vivaces et de mousses veloutées se penchent sur la rivière et ne tombent point. — (Balzac, Le Lys dans la vallée, 1836, page 31) La grande flamme se pencha dans toute sa hauteur vers le mur du fond. — (Charles Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la montagne, 1926, page 112) (Pronominal) Se pencher sur : Manifester attention et intérêt pour quelque chose, se consacrer à l’étude de quelque chose. – Paraît qu’Escapini va se pencher sur le sort des prisonniers.– Qu’y se penche pas trop fort, il va se casser la gueule. — (Jacques Perret, Le Caporal épinglé, Gallimard, 1947, page 152) Des hommes qui ont d’autres chats à fouetter que de se pencher sur leurs frémissements intimes. — (Nathalie Sarraute, Ère soupçon, 1956, page 86) On peut […] se livrer à un examen critique du système. Cet examen a d’ailleurs été entrepris par de nombreux auteurs. En général, ils se sont penchés à la fois sur la légalité et sur la légitimité du gouvernement de Vichy. — (Georges Vedel, Manuel élémentaire de droit constitutionnel, Paris : chez Sirey, 1949, page 276) Seuls, quelques ethnologues se sont penchés sur un comté agricole du point de vue « total » qui est le leur. — (Georges Gurvitch, Traité de sociologie, tome 1, Presses universitaires de France, 1958, p. 316) Puis il se pencha sur le mobile du crime, une dosette de lessive largement éventée et stratifiée de paillettes bleu-vert. Ces vestiges épars dénotaient un peu. Ça faisait désordre. — (Valère-Marie Marchand, Spleen au lavomatic, chap. 4 : Un pas plus un autre, Éditions Héliopoles, 2024) (Pronominal) Avoir, manifester une attitude bienveillante envers quelqu'un, parfois avec une idée de condescendance. Moi, pour aider le peuple à résoudre un problème, Je me penche vers lui. Commencement : je l’aime. — (Hugo, L’Année terrible, 1872, page 325) Après le vote sur le relèvement d’indemnité, l’abbé Lemire me dit : −J’ai voté pour… il faut toujours se pencher sur le plus humble. −Ici, monsieur l’abbé, c’est pour lui prendre son porte-monnaie. — (Maurice Barrès, Cahiers, t. 6, 1907, page 66) Elle était si heureuse, si égoïstement heureuse, qu’elle ne se pencha pas une minute vers les sublimes détresses qui l’entouraient. — (Alphonse Daudet, Rois en exil, 1879, page 416) ==== Proverbes et phrases toutes faites ==== faire pencher la balance l'on tombe toujours du côté où l’on penche ==== Antonymes ==== (se) redresser, (se) relever ==== Dérivés ==== air penché ; airs penchés penchant penchement penchet, penchot repencher ==== Traductions ==== === Prononciation === France : écouter « pencher [pɑ̃.ʃe] » France (Lyon) : écouter « pencher [pɑ̃.ʃe] » Somain (France) : écouter « pencher [Prononciation ?] » === Références === Tout ou partie de cet article a été extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (pencher), mais l’article a pu être modifié depuis.