paradoxe de Ménon
التعريفات والمعاني
== Français ==
=== Étymologie ===
Composé de paradoxe, du latin paradoxon, lui-même issu du grec ancien παράδοξος, paradoxos (« opposé au sens commun ») et de Ménon, transcription francisée du grec ancien Μένων, Ménōn (« celui qui reste, celui qui persiste »), nom de l’interlocuteur de Socrate dans les Dialogues de Platon (IVe siècle av. J.-C.).La locution, absente du texte grec, est un intitulé forgé après coup par la tradition des commentateurs pour désigner l’objection que le personnage de Ménon adresse à Socrate dans le passage 80d-e) : il serait impossible de chercher ce que l’on ignore totalement, faute de savoir ni quoi chercher, ni comment reconnaître qu’on l’a trouvé. Elle semble apparaître – verbatim – pour la première fois dans les traductions et commentaires des Dialogues de Platon de Victor Cousin publiés en (1822).
=== Locution nominale ===
paradoxe de Ménon \pa.ʁa.dɔks.də.me.nɔ̃\ masculin invariable
(Philosophie) Argument attribué au personnage de Ménon dans le dialogue éponyme de Platon, selon lequel il serait impossible de chercher ce que l’on ne connaît pas du tout, faute de pouvoir identifier l’objet de la recherche, ou reconnaître qu’on l’a trouvé.
L’impossibilité de la recherche, le paradoxe de Ménon. Ménon doute de la possibilité de cette recherche. En effet, comment prendre pour objet de recherche quelque chose dont on ne sait pas ce que c’est ? (1er aspect du paradoxe) Et selon quel critère identifier, si on « tombait dessus », la chose que l’on recherche si on ne la connaît pas ? (2e aspect du paradoxe). Il ne sert donc à rien de chercher. — (Victor Cousin, Ménon - Platon, Philosophie, Académie de Grenoble, p. 7, septembre 2009. → lire en ligne)
Nous reconnaissons ici aisément la trace platonicienne ouverte par le paradoxe de Ménon. — (Manuel Maria Carrilho, Rhétoriques de la modernité, Presses universitaires de France, p. 32, Paris, 1992. → lire en ligne)
On appelle souvent « paradoxe de Ménon » les objections qu’il présente ici : comment chercher ce qu’on ne connaît pas et, si par hasard on trouve, comment savoir qu’on a trouvé ce que justement on ne connaissait pas auparavant ? — (Bernard Suzanne, note 2 à la traduction du Ménon de Platon, Ménon 80d1-86d2, 2000. → lire en ligne)
Un autre paradoxe antique, dit paradoxe de Ménon, exhibe une structure similaire. Celui-ci stipule qu’on ne peut ni chercher quelque chose que l’on connait, ni quelque chose que l’on ne connait pas. On ne peut pas chercher quelque chose que l’on sait ; puisqu’on le sait, il n’y a besoin de le chercher - ni quelque chose que l’on ne sait pas ; puisqu’on ne sait pas ce que c’est. — (Hippolyte Dourdent, La Contextualité, Figure de l’Étrangeté Quantique, mémoire de recherche, Institut d’Optique Graduate School / CEA Saclay, janvier-août 2017. → lire en ligne)
==== Variantes orthographiques ====
paradoxe de Menon (sans accent sur le e)
==== Synonymes ====
aporie du Ménon
argument de Ménon
argument du Ménon
impossibilité de la recherche
paradoxe du chercheur
problème de la recherche
==== Vocabulaire apparenté par le sens ====
aporie
maïeutique
=== Prononciation ===
\pa.ʁa.dɔks.də.me.nɔ̃\
=== Voir aussi ===
Ménon (Platon) sur l’encyclopédie Wikipédia
=== Références ===
==== Bibliographie ====
Bernard Suzanne, « Les dialogues de Platon — Ménon, 80d-86d » (traduction et notes), plato-dialogues.org, (2000), dernière mise à jour le 4 septembre 2005. Consulter en ligne
Christophe Grellard, « Peut-on connaître quelque chose de nouveau ? Variations médiévales sur l’argument du Ménon », Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome 136, n° 1, (2011). Consulter en ligne
Hippolyte Dourdent, La Contextualité, Figure de l’Étrangeté Quantique, mémoire de recherche, Institut d’Optique Graduate School — CEA Saclay, 2017. Consulter en ligne