inouï

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === Du préfixe in- et de ouï. On a dit parfois, au XVIe siècle, inaudite, du latin inauditus. === Adjectif === inouï \i.nwi\ (Vieilli) Qu’on n’a pas ouï. Cette façon de parler est sans doute de quelque province de France ; car elle est inouïe à la cour, et même il ne me souvient pas de l’avoir ouï dire dans les villes. — (Claude Favre de Vaugelas, Remarque tome II, page 663, dans POUGENS) […] que faudra-t-il croire de cet amas de dogmes inouïs aux schismatiques, même les plus audacieux de toute l’antiquité ? — (François de Salignac de La Mothe-Fénelon, Traité du ministère des pasteurs, Pierre Aubouin, Paris, 1688, page 244) (Vieilli) Dont on n’a jamais parlé. Que, lorsqu’il n’y avait point d’exemple de quelque chose, il en fallait faire ; que ce qui était inouï ne le serait plus quand il serait fait. — (Jean-Louis Guez de Balzac, De la cour, 7e discours) Il est beau de tenter des choses inouïes. — (Pierre Corneille, Sertor. IV, 2) Et qui croira qu’un cœur si grand en apparence […] Trame une perfidie inouïe à la cour ? — (Jean Racine, Brit. III, 6) Le prix est sans doute inouï, Jamais d’un tel honneur un sujet n’a joui. — (Jean Racine, Esth. II, c) Est-ce donc un prodige inouï parmi nous ? — (Jean Racine, Phèdre, IV, 6) Les grands et le peuple lui rendent des honneurs jusque-là inouïs. — (Jean-Baptiste Massillon, Carême, Pécheresse) Ah ! quels noms inouïs lui donnez-vous, seigneur ! — (Voltaire, Fanat. I, 2) Le czar, se réservant pour tous domestiques un valet de chambre, un homme de livrée et un nain, se confondait dans la foule ; c’était une chose inouïe dans l’histoire du monde, qu’un roi de vingt-cinq ans qui abandonnait ses royaumes pour mieux régner. — (Voltaire, Russie, I, 9) L’appareil inouï pour ces mortels nouveaux De nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux. — (Voltaire, Alz. I, 1) (Aujourd’hui) Extraordinaire ; exceptionnel ; incroyable. Douce soirée où l’on pouvait encore croire — à la rigueur, le calcul des probabilités cédant à une chance inouïe — qu’il n’y aurait pas de morts pendant la guerre. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916) Les rafales d’une violence inouïe, accès de colère de Wottan ou de Thor, tombent des hauteurs en sifflant et soulèvent des tourbillons d’embruns qui sillonnent la mer. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928) Après des travaux inouïs couronnés par le succès, il vint, vers la onzième année, se faire réhabiliter à Nantes en laissant son fils aîné à la tête de sa maison transatlantique. — (Honoré de Balzac, Pierrette, 1840) En pleine mer, des bâtiments sombrèrent, ou, désemparés par la tempête, n’échappèrent au naufrage que par des efforts inouïs. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, chapitre 19, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, page 185) Les saints martyrs de Lyon et de Vienne endurèrent des supplices inouïs. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Historique I, 10.) Les infortunes inouïes d’une si grande reine. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Reine d’Anglet.) Ah ! sentence ! ah, rigueur inouïe ! — (Jean Racine, Iphigénie V, 1.) Fortune dont la main couronneLes forfaits les plus inouïs. — (Jean-Baptiste Rousseau, Ode à la Fortune.) La jalousie entre ces deux chefs et l’absence du czar furent en partie cause de la défaite inouïe de Nerva. — (Voltaire, Russie, I, 11) ==== Synonymes ==== inédit (2) → voir étrange (3) ==== Dérivés ==== inouïr inouïsme ==== Proverbes et phrases toutes faites ==== il est inouï ==== Apparentés étymologiques ==== ouï-dire ouïr ==== Traductions ==== === Forme de verbe === inouï \i.nwi\ Participe passé masculin singulier de inouïr. === Prononciation === La prononciation \i.nwi\ rime avec les mots qui finissent en \wi\. France (Lyon) : écouter « inouï [Prononciation ?] » Suisse (canton du Valais) : écouter « inouï [Prononciation ?] » Cornimont (France) : écouter « inouï [Prononciation ?] » === Voir aussi === inouï sur le Dico des Ados === Références === « inouï », dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872–1877 → consulter cet ouvrage Tout ou partie de cet article a été extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (inouï), mais l’article a pu être modifié depuis.