diasyrme
التعريفات والمعاني
== Français ==
=== Étymologie ===
Emprunté au grec ancien διασυρμὸς, diasurmὸs, « déchirement, raillerie méchante » (d'après A. Bailly, Dictionnaire Grec-Français).
On trouve également l’étymologie suivante : « Diasyrme, s. m. (rhétor.), en grec διασυρμός (diasurmos), ironie insultante. Ce mot vient de διασύρω, (diasurô), déchirer, outrager [Bailly donne « décrier » au lieu de « outrager » comme sens figuré de διασύρω (diasurô)] ; formé de δια (dia), par, à travers, et de σύρω (surô), je traîne. Le diasyrme traîne dans le mépris celui qui en est l’objet. » (d'après J. B. Morin, Dictionnaire étymologique des mots françois tirés du grec, 1803)
=== Nom commun ===
diasyrme \dja.siʁm\ masculin
(Rare) Espèce d’ironie dédaigneuse ou maligne, qui par une raillerie humiliante dévoue au mépris la personne qui en est l’objet. [1]
Chargé des public-relations, le "commissaire" spécialiste de l’euphémisme et de l’apodioxis, auquel il mêle volontiers le diasyrme et l’anthypophore, évoque l’activité de ses subordonnés en des comptes-rendus pleins de modération d’où il appert que les accidents ou maladies subites sont infiniment fréquents dans les locaux de la police, faute de crédits pour les désinfecter. — (Boris Vian, Le Problème du colon, dans : Articles, chroniques, textes pataphysiques, La Pléiade, 2010, œuvres romanesques complètes tome 2, page 1048)
==== Notes ====
D’après certains auteurs, par exemple Pougeoise [2] ou Robrieux [3], le diasyrme est un faux-éloge et s’oppose à l’astéisme, qui serait juste son inverse, c'est-à-dire un faux-blâme. Le faux-éloge ou diasyrme donc, sous couvert des louanges apparentes cache en fait une critique féroce. Robrieux [3] précise que le diasyrme s’apparente au persiflage. La figure est une des formes de l’ironie en ce sens que l’on dit ou l’on semble dire une chose pour signifier son contraire, tout en laissant apparaître l’intention véritable.
Pour Molinié [4], le diasyrme suppose également une certaine dose d’agressivité. Il s’agit d’une figure macrostructurale qui se présente comme une ironie agressive ou une attaque cinglante. Le diasyrme serait donc pour cet auteur l’ironie revêtue d’agressivité et représenterait une des figures maîtresses du genre satirique.
Cependant, pour Morier [5], le diasyrme est une autre forme d’écart ironique et une « approche subreptice de l’absurde ». Morier écrit qu’à travers le diasyrme, « l’auteur désire d’abord masquer son ironie ; on peut croire qu’il parle sérieusement ; puis, les écarts se creusent, mettant le lecteur en éveil, et l’ironie achève de se dévoiler sous forme de comble ou d’écart maximum. » L’on observe justement cette progression dans notre citation précédente de Voltaire.
Fontanier [6] ne fait pas mention du diasyrme. Cependant il rassemble le faux-blâme et le faux-éloge sous la même dénomination d’astéisme, terme considéré par d’autres auteurs comme désignant simplement le faux-blâme.
==== Synonymes ====
antiphrase
==== Traductions ====
=== Prononciation ===
France (Toulouse) : écouter « diasyrme [Prononciation ?] »
Somain (France) : écouter « diasyrme [Prononciation ?] »
=== Anagrammes ===
→ Modifier la liste d’anagrammes
=== Références ===
[1] : Encyclopédie méthodique : Grammaire et littérature, Dumarsais, Nicolas Beauzée, Jean François Marmontel, Voltaire, 1782, Plomteux
[2] : Dictionnaire de rhétorique, Michel Pougeoise, éd. Armand Colin, 2001.
[3] : Les figures de style et de rhétorique, Jean-Jacques Robrieux, éd. Dunod, coll. les topos, 1998.
[4] : Dictionnaire de rhétorique, Georges Molinié, éd. Librairie Générale Française (Livre de Poche), 1992.
[5] : Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Henri Morier, éd. Presses Universitaire de France, 1961.
[6] : Manuel classique pour l’étude des tropes, Pierre Fontanier, éd. Belin-Leprieur, 1821 ; Les figures du discours, Pierre Fontanier, éd. Flammarion, coll. Champs, 1977.