des lions conduits par des ânes

التعريفات والمعاني

== Français == === Étymologie === Locution composée de âne, conduire et lion. — La locution semble entrer dans l’usage par le mot du député Antoine-Léonce Guyot-Montpayroux, qui l’attribue à Napoléon Ier, lors de la séance du 9 août 1870 du Corps Législatif. On le trouve auparavant, en 1860, dans un volume de l’Encyclopédie théologique de Jacques-Paul Migne. === Locution-phrase === des lions conduits par des ânes \Prononciation ?\ (Péjoratif) (Militaire, Politique) Se dit pour un peuple actif ou de vaillants soldats qui sont dirigés par des incapables. Vous savez ce qu’on a dit de ceux qui combattaient sous les étendards de l’Angleterre : « Ce sont des lions, s’est-on écrié, en les voyant à l’action, mais des lions conduits par des ânes! Je ne sais ce qu’il y a de vrai dans cette idée, tombée de haut, dit-on, et répétée par bien des bouches […]. — (« Angleterre », du Dictionnaire des objections populaires contre le dogme, la morale, la discipline et l’histoire de l’Église catholique, tome unique, par l'abbé Clovis Pinard, tome 33 (3e série) de l’Encyclopédie théologique de l'abbé Jacques-Paul Migne, 1860, p. 130) On a dit que nos soldats étaient «des lions conduits par des ânes.» Quelque dur qu’il paraisse, ce mot ne manque pas de justesse. L’ignorance de nos officiers subalternes est proverbiale, et nos officiers supérieurs ont donné, pendant la campagne, des preuves d’une nullité désespérante. — (G. Martiny de Riez, Histoire illustrée de la guerre de 1870-71 et de la guerre civile à Paris, tome 1, Laon : chez M. Deneuville, 1871, p. 12) « Des lions conduits par des ânes », disait le défenseur du Redan en parlant des Anglais. Cela ne s’applique pas aux Anglais seuls. — (Sedan : souvenirs d'un officier supérieur, Paris : chez W. Hunrichsen, 1883, p. 111) « Des lions conduits par des ânes », disait je ne sais plus quel officier allemand en voyant nos intrépides soldats sous la mitraille. Voilà le mot qu’il ne faut plus justifier. Pour cela, subordonner les intérêts de classe à l’intérêt de la patrie. — (Georges Clemenceau, Vers la réparation, chap. 78 : Cavaignac et Gohier (10 octobre 1898), 3e éd., Paris : chez P.-V. Stock, 1899, p. 300) Nous apprenons aussi qu’à un poste de la frontière nord (Tatar-Keuy, je crois), les officiers turcs auraient pris la fuite les premiers. Leurs soldats se sont courageusement battus sous les ordres d’un simple sergent, qui s’est fait tuer à son poste. « Des lions conduits par des ânes », dirait quelqu’un. — (R.P. Paul Christoff, Journal du siège d’Andrinople : notes quotidiennes d’un assiégé, Paris : chez Henri Charles-Lavauzelle, 1914, p. 15) ==== Vocabulaire apparenté par le sens ==== État-major jésuitière